Je suis né(e) à Toulouse, un 24 décembre. Ma mère, seule à l’époque, travaillait et ne pouvait s’occuper de moi, mais elle tenait néanmoins à ce que je reçoive une bonne éducation.
Elle pensait, à juste titre, qu’on ne peut réussir dans la vie, sans s’imposer un minimum de discipline et sans apprendre les règles fondamentales de la vie en société.
C’est donc dans un pensionnat laïque que j’ai grandi et acquis les valeurs essentielles que tout être devrait posséder :
- l’honnêteté
- le sens du partage
- l’acceptation de l’autre
- et l’indépendance
Ces valeurs, associées à une nature généreuse et optimiste, m’ont permis de me sortir des situations difficiles que j’ai rencontrées et ont forgé mon caractère.
Un caractère entier, volontaire, difficile à vivre pour certains, avec un franc parler, qui ne m’a pas toujours attiré les sympathies… notamment dans le milieu de l’escorting.
J’aime les hommes, et ceux que je rencontre dans le cadre de mon activité, sont courtois, respectueux et attentionnés.
Mais force est de constater que si certains trouvent normal de ne pas négocier mes honoraires, et ne me tutoient pas au premier contact, d’autres, sous prétexte qu’ils sont des clients potentiels, aux bourses pleines (et pas forcément celles que l’on croit…) se croient dispensés des bonnes manières et acceptent mal, voir même très mal qu’on les remette à leur place, parfois sans ménagement.
Cela donne lieu à des règlements de comptes par guides ou forums de discussions interposés, des insultes, des blocages de planning, harcèlements téléphoniques, et d’autres choses toutes aussi plaisantes…
Ces messieurs n’aiment pas les femmes qui la ramènent, à plus fortes raisons si ce sont des prostituées, et se chargent de vous le faire comprendre.
À ce propos, je me souviens de ma première intervention sur un forum de discussions, qui souleva un tollé général.
Alors que je m’offusquais de la façon dont ces derniers relataient leurs expériences, en comparant ce lieu de discussions au salon de l’agriculture, on m’expliqua, en substance, qu’on n’avait pas de conseils à recevoir de la part d’une prostituée…
Je pensais en moi-même que j’avais affaire à une bande de frustrés, qui ne devaient pas la ramener souvent, ni sur leur lieu de travail, ni avec leur épouse, et que ce forum était le seul lieu où ils pouvaient jouer les petits chefs, en tout anonymat, bien planqués derrière un pseudo et un clavier.
Le problème est que lorsque je pense, je pense en général trop haut…
Les frustrés se déchaînèrent et certaines escortes m’incitèrent en privé à mesurer mes propos, car les conséquences risquaient d’être dramatiques.
J’ai compris rapidement qu’elles avaient raison, mais ce n’est pas pour autant que je m’inclinais devant ces « petits hommes »…
Attention tous les hommes fréquentant ces lieux de discussions ne sont pas tous des minables, certains sont pires que d’autres…(je plaisante bien évidement), j’en ai même rencontrés de charmants, que je revois toujours avec beaucoup de plaisir.
Mais certains sont si nuls que je me demande parfois si ce ne sont pas des ex qui se cachent derrière leurs pseudos
.
Julia Roberts dans le film « Pretty Woman », se compare à un « aimant à minables », je fais le même constat affligeant lorsque je regarde mon parcours sentimental…
Une amie s’interrogeait :
- Mais comment fais-tu pour tomber sur des cloches pareilles ? Tu n’es ni tordue, ni bossue, tu pourrais quand même trouver mieux que les clampins que tu fréquentes.
C’est stupéfiant !
Si je devais résumer en quelques mots le peu d’hommes ayant partagé une période de ma vie sentimentale, ça donnerait cela :
“Radins, intéressés, parasites, fauchés, feignants, glandeurs, menteurs, voleurs, profiteurs, mythos, ratés, etc, etc…”
Je me lâche là !
J’exagère à peine…Deux personnes ont beaucoup compté dans ma vie sentimentale, D et N. Il et elle se reconnaitront….
Bernard, un ami, m’a dit un jour, si j’avais ton physique et ta libido, je me ferais courtisane (en fait, ce n’est pas exactement le terme qu’il a employé, mais je préfère rester polie…).
Cette phrase, lancée à l’angle d’un comptoir de bar, est restée ancrée dans mon cerveau et a pris tout son sens, le 20 mars 2004. Je suis devenue escort girl, pour mon plus grand plaisir et surtout, pour celui de mes sympathiques clients…